Rugby. Simon Zebo victime de racisme lors d’un match : « Ce moment me hante toujours »

RUGBY. Lors d’un grand entretien, l’ailier irlandais Simon Zebo s’est confié sur l’acte de racisme qu’il a subi lors d’un match contre l’Ulster avec le Racing 92, en Champions Cup.

Le 12 janvier 2019, l’ailier international irlandais Simon Zebo (32 ans ; 35 sélections) était victime de racisme lors d’une rencontre de Champions Cup entre l’Ulster et le Racing 92, au Kingspan Stadium de Belfast. Lors de ce match, un supporter présent en tribunes avait proféré des insultes racistes à l’égard du joueur du Racing 92. Le club Ciel et Blanc s’en était ému auprès de l‘EPCR, l’instance en charge des compétitions européennes. Cette affaire avait secoué le club irlandais qui, en conséquence, n’avait pas lésiné sur la sanction et avait tout bonnement banni à vie de stade le supporter coupable de ces propos.

Dans une émission diffusée sur les réseaux sociaux de World Rugby, Simon Zebo est revenu sur ce moment particulier. Né d’un père martiniquais et d’une mère irlandaise, l’ailier exige des punitions beaucoup plus lourdes pour supprimer le racisme dans le rugby. « Ce n’est pas quelque chose d’incroyablement caché, c’est comme si ça arrivait tous les jours. Ce serait bien qu’on en fasse plus à ce sujet et qu’on s’y intéresse davantage. Il devrait être éradiqué à ce stade, mais c’est triste de voir que ce n’est pas le cas« , a déploré l’actuel joueur du Munster.

« Ce jour à Belfast me hante encore. Il ne s’en va pas… »

Très ému lorsqu’il se souvient de cet incident, Simon Zebo avait remercié la province de l’Ulster pour sa prise de partie et sa décision de bannir son supporter, mais ce souvenir reste ancré dans la tête de l’Irlandais : « Ce jour à Belfast me hante encore. Il ne s’en va pas. À chaque fois que j’y pense, je le vois comme une tâche dans mes souvenirs.

« Il y a toujours cette pensée qui me trotte dans la tête. Est-ce que j’aurais dû réagir différemment ? Je ne dis pas que j’aurais dû aller frapper le supporter, » raconte Simon Zebo. « Mais fallait-il que je quitte le terrain ? J’aurais pu dire à mes entraîneurs que je ne voulais plus jouer après ce moment. Mais je n’en sais rien. Ça me hante toujours un peu. »

« Ils ont de la chance que je ne sois pas le juge qui prononce les peines… »

En septembre, le demi de mêlée de Provence Rugby (Pro D2), Ludovic Radosavljevic, avait été banni 26 semaines après avoir proféré des insultes racistes à l’encontre de Christian Ambadiang, ailier camerounais de Nevers. Peu après le verdict de la commission de discipline, Simon Zebo avait alors suggéré qu’un bannissement à vie des terrains était plus approprié pour « Rado ».

L’international irlandais, passé par le Racing 92 de 2018 à 2021, propose de sévir sur les décisions. « Par exemple, si un supporter sait qu’en cas de racisme, son équipe est reléguée ou qu’elle perd des points au classement, il ne proférera pas ces insultes. Ces derniers doivent comprendre qu’il y a des conséquences à leurs actions, » estime Simon Zebo.

« J’aimerais voir quelqu’un perdre son emploi s’il pense que c’est normal d’abuser de quelqu’un de manière raciste. Je serais très très sévère dans les punitions. Ils ont de la chance que je ne sois pas le juge qui prononce les peines, car j’ai une tolérance zéro pour le racisme« , conclut le natif de Cork. Un témoignage poignant qui doit faire réfléchir sur les conséquences du racisme dans le sport.

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